L’automne

30 sept

Qu’est-ce-que j’aimais lui faire des bisous esquimaux. Je lui en ai fait jusqu’au bout.

Il commence à faire frais. Je me suis surprise à chercher ma grosse écharpe douce, chaude et grise avant de me rappeler qu’elle est auprès de Léo dans son lit éternel. Je lui avais instinctivement et maternellement donné lors de cette journée du 26 mars. Elle est accompagnée de la réplique de son doudou pingouin, de son doudou âne que nous avons aussi en double, de son petit livre en peluche que je lui avais offert à la saint-valentin, d’avions et d’étoiles fluorescentes et de son petit ours avec son ventre lumineux bleu. Sûrement d’autres choses mais ma mémoire me fait parfois défaut. Par moment, c’est trop dur de trop penser.

Jamais je ne me permettrais de hiérarchiser les malheurs de la vie, de chacun. Mais qu’est ce que ça fait mal à en crever de perdre son enfant. Parfois c’est inévitable, on se dit qu’on arrivera jamais à surmonter cette perte. Que la vie est finie, la nôtre en tous cas. On se demande pourquoi nous. Parents si aimants, précautionneux, méticuleux, attentifs, dévoués, prévenants, heureux. On est choqués, traumatisés, sidérés, assommés, anesthésiés, hypnotisés. On se demande comment on arrive à tenir debout. Avant le 26 mars, j’étais terrorisée à l’idée qu’il nous arrive malheur et que Léo se retrouve sans parents. Maintenant, je suis terrorisée à l’idée de vivre sans lui pour toujours.

Puis viennent en alternance voir plus régulièrement, des phases plus douces. On se surprend à savourer des petits bonheurs de la vie qui nous semblaient sans importance avant. Avant le 26 mars. Lorsque mon cerveau perçoit une date, il calcule automatiquement si cela était avant ou après le 26 mars. On réalise à quel point la vie est courte et précieuse. Qu’il faut profiter de chaque instant. On a presque même développé une sorte de désinvolture face à la vie. Plus rien ne nous fait peur, plus rien ne peut nous arriver. On vit le pire.

On a fait une promesse à Léo et on s’y tient. On lui a juré d’aller bien, d’aller de l’avant et de continuer notre vie ensemble, notre vie de famille. On lui a promis de vivre et on tiendra notre promesse. Même si c’est dur. Trop dur. « La foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit ».

Je chérie chaque instant de ma vie de Maman de Léo, j’en suis si fière. Et je ferai en sorte que la terre entière sache qui est Léo et le bonheur qu’il diffuse dans nos vies. « Merveilleux Bébé & Bébé Merveilleux » comme dit ma Maman. Un poupon parfait. Quelle chance nous avons eu de le rencontrer, quelle chance nous avons eu de vivre à ses côtés. Quelle chance nous avons de continuer à vivre pour et avec lui.

Une nouvelle saison ; la vie avance même si notre cœur s’est arrêté il y 6 mois. Nous continuons d’avancer. Notre Petit Guide bienveillant nous ouvre le chemin. Certes, semé d’embuches, de trous parfois noirs, et de cailloux. Mais notre Petit Guide nous rattrape à chaque fois. Son sourire est notre lumière pour la vie.

23092018 Automne

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Une réponse à “L’automne”

  1. Mamours 1 octobre 2018 à 13:49 #

    Oui, une saison que tu ne connaîtras pas, petit Ange chéri, mais qui nous rapproche de ce mois magique pour toujours et éprouvant à présent, ce mois de novembre qui t’a vu naître et arriver parmi nous…il est une chose que je me répête depuis peu pour apaiser un peu le manque et la douleur, c’est que toi, petit Léo, tu n’auras connu que le temps de l’Amour, avant tout celui de tes parents si attentifs et si émerveillés de toi, si délicats et prévenants pour leur enfant, tu n’auras été baigné que de tendresse et d’attentions, tu n’auras connu que la douceur et le bonheur de ceux qui t’aiment, tu n’auras perçu que des sourires, des caresses et des voix attendries, tu n’auras réagi qu’aux rires qui faisaient écho au tien, ce rire qui nous ravissait, tu n’auras entendu que des voix aimantes et joyeuses parce que tu inspirais la joie, des musiques que tes parents partageaient avec toi, tu auras vécu 4 mois et demi dans un univers de lumière et d’amour…après 9 mois si bien protégé et aimé, blotti dans ta maman…petit Léo, je pense à toi chaque jour, presque à chaque instant et j’ai besoin de me rappeler que ta vie a été douce et sereine, heureuse et câline, gaie et amusante…que chacun de tes jours était pour toi une découverte joyeuse et ravissante…en fait, que tu as connu le Bonheur et l’Amour et rien que çà…

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