Heureux dans une boîte

23 nov

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On ne peut pas comparer les bonheurs et encore moins les malheurs. Mais bordel que ça fait un mal de chien de perdre son enfant. Faire le deuil, impossible, de son enfant, c’est faire le deuil de l’avenir. Et l’avenir ce sont tous les prochains lendemains matins et toutes les prochaines journées. La vie reprend son cours, certes, car nous n’avons pas le choix. C’est ça ou rester dans son lit, pour toujours. Mais tout nous ramène au fait que Léo n’est plus là alors qu’il devrait être là. Parfois tristement et parfois joyeusement. Tristement, il y a peu j’ai retrouvé un de ses langes avec encore son odeur et des petites tâches de purée. Joyeusement, comme par exemple quand nous appelons « Léo » les autres enfants qui nous entourent. Nous nous regardons en souriant, je dirais presque comme des parents normaux, trop habitués à prononcer le prénom de leur fils. C’est notre ascenseur émotionnel à nous. « Les petits hauts et les grands bas », comme je dis souvent.

Car oui, même si la vie reprend, elle ne reprendra jamais comme avant, jamais aussi bien et jamais pleinement. Mais différemment. La réalité revient toujours très vite. On l’accepte et l’accueille cette réalité car c’est la nôtre. La réalité c’est de vivre sans Léo. On nous l’a retiré en 20 minutes environ lorsqu’il était laissé sans surveillance. La réalité c’est d’être heureux mais jamais complètement et jamais sereinement, de ne pas pouvoir respirer à fond, de ne pas pouvoir profiter totalement, de ne pas pouvoir être heureux en dehors de notre boîte. L’une des recommandations, pour réduire les risques de mort subite du nourrisson, est de ne pas laisser un bébé se retrouver dans un confinement respiratoire. Nous, parents, paranges, nous nous retrouvons dans un confinement de tristesse. C’est difficile de lever la tête pour voir ce qu’il y a autour.

Alors on avance tels de grands sportifs avant un championnat, un match, un combat ; celui de notre vie. Endurance, force et mental. On anticipe et vit chaque étape, chaque épreuve, chaque rendez-vous, chaque audition, chaque interview telle une préparation physique. On est à chaque fois remontés à bloc pour en ressortir lessivés et un peu plus écorchés. Mais on ne baissera jamais notre garde, on n’abandonnera jamais, on ne déclarera jamais forfait. On nous a enlevé notre enfant mais jamais on nous enlèvera le fait d’être ses parents. Nous en sommes si fiers et si heureux ! Léo accomplie de si belles et si fortes choses. C’est notre entraineur, notre coach. Et grâce à lui, nous arriverons petit à petit, jour après jour, à ouvrir notre boîte.

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