La résilience à la douleur

9 déc

Hier, pendant que je me faisais tatouer, je réfléchissais à la douleur. Je me disais que chacun avait sa réaction face à la douleur, face à tous types de douleurs. Que tout pouvait exister. Un grand rugbyman de 2m sur 2m qui ne supportait pas d’aller chez le dentiste comme un petit mec qui savait encaisser les coups. Je me suis ensuite dit que je résistais plutôt bien à la douleur, en l’occurrence à ce moment précis à la douleur physique, mais aussi à la douleur psychique et psychologique. Puis j’ai réalisé, que je savais, moi aussi, encaisser les coups.

Effectivement.

On a tous notre passé, notre « valise » à trainer. Cela fait partie de notre vie. On se prend des coups, plus ou moins, durs (mais personne ne peut juger de l’intensité des coups reçus par les autres, il n’y a pas, à mes yeux, d’échelle universelle de la douleur. Chacun à la sienne). Une fois les coups reçus, on choisit le chemin à prendre.

Le matin du 27 mars 2018, j’ai fait mon choix. Nous étions à l’hôtel car il était inimaginable de dormir chez nous, sans Léo. Je me suis réveillée en larmes, vide et complètement sonnée. Je savais que j’avais ce choix à faire. Je me suis levée, je me suis douchée et je suis allée chez le médecin. J’avais totalement conscience que si je ne me levais pas ce premier matin sans Léo, je ne me lèverai plus jamais. J’ai choisi la résistance puis la résilience face à la douleur. L’autre chemin aurait été, à mes yeux, laisser partir Léo une seconde fois. Il aura toujours besoin de nous, ses parents, où qu’il soit et réciproquement.

Alors on avance, on soupire, on pleure, on rit, on pense, on a mal, on encaisse, on rouspète, on vit pour 3, on porte parfois un masque, on chérit la vie à qui paradoxalement, on en veut tant. On marche en boitant. « Une belle vie de merde », je me dis souvent. C’est la vie où nous avons rencontré Léo et tant d’autres êtres aimés mais elle peut nous donner le meilleur comme le reprendre. Elle nous envoie au cimetière au lieu du parc ou au commissariat pour faire une demande de lâcher de ballons au lieu de préparer un goûter d’anniversaire. Elle nous fait longuement attendre l’arrivée d’un magnifique Petit Bout pour le reprendre quelques mois après.

Mais, on ne peut pas lui retirer ça : elle nous a donné Léo.

La douleur fait partie, elle aussi de notre vie. Elle comporte plusieurs intensités, plusieurs visages, plusieurs humeurs. Mais elle est là et elle fait moins mal si on l’accepte. Sinon elle force le passage et c’est, presque, pire. Cette douleur me rappelle aussi que j’ai fait le choix de vivre.

« Je vous admire, vous êtes des parents en or pour Léo » et Léo c’est de l’Or pour nous. Il nous donne cette envie folle de vivre. Car parfois on pourrait se dire que c’est totalement fou de vivre sans son enfant. Impensable. Impansable.

Mais c’est justement parce qu’on est fou de Léo, qu’on est fou de notre vie.

Article La Résilience à la douleur

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3 Réponses à “La résilience à la douleur”

  1. Aurélie 9 décembre 2018 à 14:13 #

    C’est tellement vrai, et tellement bien écrit

    • letoileleo 9 décembre 2018 à 23:32 #

      Merci beaucoup !

  2. Mamours 25 décembre 2018 à 20:53 #

    Oui, la Vie nous a donné Léo…on a eu cette chance et c’est un cadeau magnifique pour nous, grands-parents, comme elle nous a donné nos 3 autres petits-enfants formidables…quand je pense, si souvent ,à notre petit Léo, et quand j’essaie de résister à la douleur du manque et du drame, je me dis que cet adorable enfant et petit-enfant a eu une vie trop courte mais une belle vie, une belle vie pleine de tendresse, de joie et de satisfactions..c’est un bébé qui fut heureux, joyeux, merveilleux…il a eu 4 mois et demi d’une vie tellement remplie d’amour…ses jours furent comptés, hélas, mille fois hélas, mais ses jours ont été tous pleins de vie, débordants de vie, sous le regard de parents attentionnés, attentifs, attendris, aimants ; à chaque seconde de cette vie de bébé, notre petit Léo a reçu un tel amour en cette courte vie qu’on peut se dire qu’il en était comblé et heureux, immensément heureux, un bébé parfaitement heureux qui est parti parfaitement heureux…voilà ce que je me dis quand je le peux : le manque de Léo est là, intense, parfois effrayant mais le bonheur et la chance de l’avoir connu et aimé sont là aussi, tout aussi importants, consistants et bien réels…Léo : petit Amour pour toujours, jamais, nous nous éloignerons de toi, ne serait-ce qu’un moment…on t’aime pour le reste de nos jours et bien après…

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