Mai(s)

2 mai

Coucou Léo,

Un nouveau mois commence. Tu dois percevoir un peu d’agitation du haut de ta jolie Etoile aussi filante qu’étincelante.

Eh bien oui, ça bouge un peu sur terre. Comme tu le sais, nous nous marions avec Papa. Tu étais présent lors de la demande. Tu étais d’ailleurs complice du secret, toi qui avais porté mon alliance en tout premier. Quel honneur-bonheur d’avoir toujours sur moi ce bijou qui a enveloppé tes petits doigts. Bientôt je porterai également, avec fierté et amour, les deux mêmes noms que toi. J’ai hâte que notre livret de famille soit de nouveau rempli, avec une belle nouvelle, cette fois.

Notre Maison du Bonheur connaît, de son côté aussi, une certaine effervescence puisqu’Oscar, la boule de poils aux grandes oreilles qui doit bien te faire rire, a décidé de refaire nos murs. Peut-être que la couleur ne lui convenait pas. Ne t’étonne pas de m’entendre dire « non » à longueur de journée, c’est devenu mon mot du moment.

Le soleil arrive mais tout doucement alors avec ton Papa on se laisse un peu de temps avant de tondre toute notre pelouse. Bientôt elle atteindra presque les étoiles, peut-être pourra-t-elle te chatouiller les pieds ?

Maman est aussi en plein changement personnel. Un choix, une envie, un besoin, une destinée. Je t’expliquerai tout ça très prochainement mais sache que tu m’inspires chaque jour. Tu es ma muse, mon guide, mon exemple, mon intuition.

La tempête du mois de Mars, le mois d’avril aussi assommant que reconstructeur, sont passés. Je me rends compte que je suis soulagée dès qu’un nouveau mois commence car une journée qui se termine est une victoire alors tu imagines un mois tout entier ? Puis je me dis que tous ces jours m’éloignent de toi, ou me rapprochent ? Je ne sais plus trop bien. Je n’ai jamais autant profité aussi de chaque petite chose de la vie. Comme acheter une bonne baguette à la boulangerie. J’aurais tant aimé que tu gouttes à cela, je suis certaine que tu aurais adoré la mie, comme moi. On aurait donné les croûtons à Papa. On aurait fait tomber des miettes dans la voiture. On se serait fait de grandes tartines les dimanches matins. Peut-être, aurais-tu refusé la confiture car tu n’aurais pas aimé les morceaux comme ton Papa ? Je repense à tous ces petits-déjeuners pris avec toi à nos côtés. Je souhaite que tous nos pains aient éternellement cette même saveur. Je me rappelle aussi te dire, lorsqu’on se câlinait dans mes bras, que tu étais tout chaud comme un petit pain qui sortait du four. Je crois que c’est dans les plus petits détails qu’on réalise notre bonheur et notre chance.

Je te suis reconnaissante de me laisser tout cela malgré ton envol, si prématuré et le manque de toi, si impitoyable.

J’apprends à apprivoiser ton absence et à ramener mon cerveau à la réalité. Tu n’es plus là. Avec nous. Alors je sens chaque baguette de pain comme si je voulais te transmettre un peu de cette salivante odeur. J’ai envie de tout faire pour toi et avec toi. Les baguettes et tout le reste. Comme disait Victor Hugo pour sa Léopoldine « Tu n’es plus là où tu étais mais tu es partout là où je suis ». Il avait souligné cette ambivalence des sentiments. Mais. Il y aura toujours un mais. On ne fait plus partie de ces parents qui aiment et vivent sans un mais.

Mais quoi que tu puisses voir de là-haut, de Léo, sache que ça sera toujours avec un amour éternel, inconditionnel et immense. Tellement immense que ni toi, ni nous pouvons en voir les limites.

Mais qu’est-ce que tu me manques, mais qu’est-ce que c’est dur sans toi.

Mais qu’est-ce que c’est beau, et bon, grâce à toi.

Mais qu’est-ce que je t’aime mon Fils.

Joli début de mois de Mai mon petit Bonhomme.

Article MAI(S)

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2 Réponses à “Mai(s)”

  1. Maryse Dumoulin 4 mai 2019 à 15:24 #

    Toujours aussi beau tes lettres à Léo et… à nous. C’est un vrai partage d’émotions de force de peine bien sûr mais aussi d’amour.
    A bientôt

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